Mambo est mort !
Peut être que pour certains de mes lecteurs, Mambo n'évoque que les reprises de Dario Moreno dans les années 50 ou dernièrement le tube de Lou Bega !
Il ne s'agit point de celà mais du CMS open-source du même nom. Le clash provient de la création à l'initiative de Miro (société autrichienne qui est à l'origine du projet Mambo en 1999) d'une fondation Mambo (celà ne vous rappelle rien ? cherchez de ce côté ci ). L'annonce de la création de cette fondation dont l'objectif annoncé est de grandir, supporter et promouvoir Mambo et sa communauté. Cette fondation semble exclure les équipes de développement open-source du board de la fondation (Board of Regents ne regroupant que du personnel de Miro dont le CEO Peter Lamont). De plus, la fondation semble prendre le controle des développements et du marketing de la solution Mambo.
Andrew Eddie (co-responsable désigné de la communauté des développeurs open-source) énonce les raisons pour lesquelles le gros des troupes de la communauté open-source s'en va.
Le post sur le forum MamboServer / les membres qui s'en vont dont un français Jean-Marie Simonet (from Montélimar).
Que pensez de tout ceci ?
1- L'esprit open-source se dissout mal dans l'aspect business : les principaux griefs des contestataires proviennent du fait que pour eux, la participation à un projet open-source possède un côté ludique et amusant et que la RoadMap de développement du projet était élaborée en concertation entre la communauté open-source et Miro. Tout développement proposé par une personne était susceptible d'intégrer le projet si ces développements suivaient certaines règles.
2- Qu'il est difficile pour une société éditrice d'un logiciel ouvert d'en garder la maitrise : plusieurs sociétés se sont orientées vers des variantes payantes de la solution open-source qu'ils continuent de soutenir et de développer. Des exemples : ezPublish (politiques de licence : GNU GPL + ezPublish Professionnal => selon le choix, les développements et autres ajustements réalisés autour d'ezPublish seront votre propriété ou non), Jahia (politiques de licences : collaborative source license), SugarCRM (politiques de licences), JBoss (politiques de licences) ...
3- Que ce genre de clash ne participe pas à améliorer la crédibilité des projets open-source auprès des décideurs (qu'en penses Mitsubishi Pologne ?). Bien sûr, certains me citeront le contre exemple qu'est Apache, base logicielle de 60 à 70% des serveurs HTTP dans le monde.
4- Qu'il va doucher les efforts de certains développeurs de projets open-source qui risquent de voir leurs efforts communautaires réduits à néant à cause d'un statut juridique mal évalué et mal rédigé au départ
Le développement des produits open-source est un énorme facteur d'accroissement du secteur des services autour des technologies de l'information et de la communication. Ces dernières années apparaissent les SSLL : le pendant des SSII pour le logiciel libre (Linagora, Synolia, Ideal-X, OpenWide ... ). Les modèles économiques à grand cout de licence propriétaire ont volé en éclat (IBM était le 1er constructeur mondial d'ordinateurs et s'est transformé en 1ère SSII mondiale) bien que certains se maintiennent tout de même (une licence Oracle 10g Entreprise Edition coute 31672 euros (+frais de licence par utilisateur ou processeur) mais il existe une version Standard One à 3995 euros).
Par contre, l'open-source a participé dans l'inconscient collectif à dévaloriser le coût informatique. Il n'est pas rare de s'entendre dire par des clients que l'informatique celà ne coute plus rien puisque tout est gratuit avec l'open-source (confusion certaine avec les phénomènes de téléchargements gratuits et hacking de logiciels existants).
Mais au delà de tout celà, il semble tout de même que Mambo vive encore : le site OpenMatters.org (tenu par la communauté open-source de Mambo) vient de publier une news concernant le futur de Mambo. Et il semble que le projet va poursuivre son aventure open-source avec un autre partenaire.
Mambo est mort ! Vive son successeur ...



















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