Je voterai pour Ségolène Royal ce dimanche. Je ne sais plus qui a dit : on vote au 1er tour des présidentielles pour le candidat de son choix et au second contre celui ou celle que l'on ne veut surtout pas.
Je n'adhère pas au programme volontariste de Ségolène Royal, relevant parfois de la méthode Coué (les incantations pour faire repartir la croissance) mais vraiment je ne crois pas une seule seconde que Nicolas Sarkozy puisse donner un nouvel élan à notre pays, réformer celui-ci sans employer de méthode brutale (ce qui le caractérise si bien => demander à ses adversaires politiques de son camp), casser l'ensemble des antagonismes créés depuis des années par les politiques clientélistes de droite comme de gauche et surtout, en priorité absolue, rassembler la France et les Français autour d'un projet commun de société.
Pourquoi Nicolas Sarkozy ne serait pas un bon président de la République ? Eh bien je vais vous le dire (plagiat éhonté).
- Nicolas Sarkozy est resté 5 ans au gouvernement et veut nous faire croire à sa virginité politique (la rupture tranquille). Sur les 5 années précédentes, certaines mesures ont été prises pour récompenser l'électorat naturel de la droite (exemple : les médecins ont vu leurs honoraires augmenter plusieurs fois alors que les infirmières n'ont rien obtenu dans le même laps de temps). Je recense en fin de ce post une liste complète des divers cadeaux fiscaux offerts à ses amis politiques et d'affaire.
- Nicolas Sarkozy se vante de sa politique de sécurité : les agressions contre les personnes sont en hausse (+5,3% dans l'Hérault par exemple) et se sont celles-ci qui sont les plus traumatisantes pour leurs victimes. La délinquance a peut être baissé dans les statistiques globales (-9,44%) mais la politique du tout répressif n'a pas vraiment changé les choses au quotidien (on cherche toujours mon cambrioleur du mois dernier ...). De plus, en jouant sur la répartition des effectifs (plus de flics dans les mairies/régions tenues par l'UMP et pas grand chose pour les autres, on voit très bien la politique clientéliste de ce dernier).
- Nicolas Sarkozy a des liaisons proches avec des grands groupes français (Martin Bouygues, Arnaud Lagardère notamment). Comment ne pas leur être redevable ?
- Nicolas Sarkozy est un démagogue : son programme a été estimé à 60 milliards d'euros. Et en même temps, Nicolas Sarkozy dit qu'il va réduire la dette, abaisser le bouclier fiscal à 50%, supprimer les droits de succession, empêcher les délocalisations, combattre les patrons voyous, distribuer de l'argent au sport, à la recherche, à l'université. Tout et son contraire : comment y accorder une quelconque crédibilité ?
- Certaines personnes dans son entourage me font très peur et désignent parfaitement ce que sera la gouvernance Sarkozy : Manuel Aeschlimann (tentative de réduire au silence Miguel Membrado fondateur de Mayetic), Christian Estrosi (subvention de 200.000 euros votée par le Conseil Général des Alpes Maritimes dont il est le président pour que Jean-Pierre Pernaut de TF1 puisse courir le trophée Andros, rhétorique anti-écologique violente pour le pastoralisme et contre le loup dans le Mercantour, ...) se fécilite d'etre à la tete du département où l'UMP fait son plus haut score (43,59% avec un FN à 13,47% alors qu'en 2002 Jean-Marie Le Pen arrivait en tête avec 26% des voix) pressenti comme futur ministre de l'Intérieur : j'en frémis d'avance ...
En espérant sincèrement me tromper ...
Voici une liste non exhaustive (extraite d'un article de Marianne du 1er décembre 2006) des cadeaux fiscaux effectués pendant les 5 dernières années où Nicolas Sarkozy a été un membre éminent de chacuns des gouvernements :
- SIIC : société immobilière d'investissement cotée : en échange d'une taxe libératoire de 16,5% (exit tax), ces SIIC ne paient plus d'impots sur les sociétés et ne sont plus imposables sur les loyers et surtout sur les plus-values réalisées lors de cession d'immeuble. Le groupe Accor s'est empressé de créer une telle SIIC pour gérer ses locaux. Ces SIIC favorisent les processus de vente à la découpe entretenant par la même la spéculation. Lisez ce rapport du Sénat sur le sujet.
- les actionnaires ont été aussi choyés : la seule contre-partie exigée est qu'il soit patient. Une réduction d'un tiers de l'imposition sur les plus-values lors de la revente d'action au bout de 5 ans et exonération totale au bout de 8 ans.
- l'industrie militaire : augmentation des dépenses d'équipement militaire de 10% par an pour la loi de programmation militaire de 2003-2008 soit 15 milliards d'euros l'an dernier. Les deux grands bénéficiaires : le groupe Dassault et Lagardère.
- les grands patrons : Thierry Breton a fait voté un amendement prévoyant un abattement de l'ISF de 75% pour les actions détenues par leurs patrons même si ils l'ont quittée. Principaux bénéficaires : Monsieur Bébéar le patron d'AXA, Martin Bouygues, Monsieur Fourtou administrateur de Rhodia
- les familles aisées grâce à la réduction d'impot sur les emplois familiaux : le plafond a été remonté à trois reprises le faisant passer à 12000 euros plus 1500 euros par enfant à charge. Ainsi, une famille avec 70000 euros de revenus fiscaux et employant une femme de ménage à temps plein au SMIC ne paiera plus d'impot. Par contre, la femme de ménage elle versera 391 euros.
- Fondation d'entreprise : les dons des personnes morales pour des associations reconnues d'utilité publique sont exonérés à 60%. En assouplissant la reconnaissance aux fondations dédiées à la recherche. Un capitalisme caritatif à l'américaine. Par exemple, LVMH a économisé 60 millions d'euros pour son don au nouveau musée d'art contemporain estimé à 100 millions d'euros. Les fondations Bonduelle et Danone travaillent dans le domaine de la nutrition et du bien-manger.
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